rEcréation permanente

29 décembre 2007

FSE: rythmes non-sco/rythmes scolaires

Nous avons expérimenté plusieurs rythmes non-sco comme nous avons connu différents rythmes scolaires.

                            Commençons par l'école...

Il y a eu la première année de maternelle, pendant laquelle j'ai bossé à plein temps, du moins au début, ce qui avait comme conséquences pour M:  lever par le papa, école le matin dans les cris des enfants et de la maîtresse, cantine, sieste dans le dortoir avec ses congénères (où elle n'arrivait pas à dormir), école l'après-midi dans les hurlements des enfants et de la maîtresse, garderie jusqu'à 18h15 dans une atmosphère confinée et bruyante, baby-sitter jusqu'à 19h30 (parc, goûter, douche, télé). Arrivée du papa fatigué, repas du soir. Coucher. Arrivée de la maman crevée.
Samedi avec papa car maman travaillait. Mercredi et vacances: centre de loisirs avec des animateurs peu motivés.

Tout cela faisait beaucoup pour une petite de 3 ans et personne n'était satisfait de cette vie.

Un nouveau travail en milieu d'année, avec des horaires et des conditions plus souples ont permis à Choupinette et moi d'être plus souvent ensembles et de nous retrouver plus tôt après l'école. Sinon on jonglait entre les mamans-copines et la garderie. Le week-end, je travaillais, donc c'était papa qui était avec Fifille.

En fin d'année, j'ai arrête de travailler. Bien m'en a pris; ce fut une intense période de grèves dans l'Education Nationale. J'avais donc M en permanence et nous avons fait moultes sorties parisiennes, siestes et visionnages des Cités d'or.

De la moyenne section maternelle au CP (nouvelle école), j'ai expérimenté la vie de femme au foyer. Ses côtés pratiques et ses difficultés. Nous nous levions tôt pour l'école; très souvent (en fait à chaque fois) j'accompagnais les enfants de la classe lorsqu'une sortie était organisée. Sinon, je ne faisais pas grand chose, à part ranger chez moi et bricoler, puisqu'il fallait chercher la puce à midi. Vite, retourner à la maison, vite faire à manger, glandouiller un peu, se dépêcher sur le chemin du retour. Lutter contre l'endormissement d'une vie qui, rétrospectivement, me paraît absurde pour un adulte, mais très rassurante et reposante pour l'enfant (une maman toujours là en cas de besoin, en cas de maladie par exemple). Les vacances étaient accueillies avec joie. Pas de grille horaires à respecter, des lectures intéressantes, des sorties.

A part une parenthèse pendant ma grossesse ("pathologique"), où j'ai eu le droit de mettre choupinette à la cantine (à moi les siestes où je bavais sur l'oreiller), nous sommes arrivés jusqu'en CP sur ce rythme de école-maison-école-maison-dodo / vacances (oh joie suprême!!!).

L'année du CP, j'avais un petit bout de quelques mois qui était très perturbé par nos allers et venues pour accompagner-chercher la grande soeur.

                                 Rythmes non-sco:

- La décision de desco ayant été prise en cours d'année de CP, au tout début, nous avons voulu calquer notre rythme sur celui de l'école. Avec moins d'heures bien sûr, mais lever tôt, "travail" le matin et surtout l'après-midi pendant la sieste du bébé; une activité par jour (ou presque) pour qu'elle fasse "quelque chose" en dehors de moi et surtout qu'elle voit des enfants.

Cette première étape est sûrement l' "erreur" classique de beaucoup de parents désco ;-). En faisant un programme bien fixe, nous nous rassurions et surtout nous rassurions l'entourage. Pour les nombreuses activités, idem, car à la question "elle voit des enfants au moins?" on pouvait répondre qu'elle avait l'anglais le mardi, le sport et le dessin le mercredi, la musique le lundi et le jeudi, etc.

C'est une cadence qui a été très difficile à tenir car c'était sans compter sur le propre rythme de la petite soeur, totalement "improgrammable" , le peu de volonté de l'intéressée qui n'avait pas trop envie de se retrouver assise pour "bosser" ou se retrouver entre quatre murs à faire une activité ici-là-tout-de-suite, la fatigue de bouger par monts et par vaux à pieds. En fin d'année (je parle du mois de juin) nous étions très lasses de ce rythme qui ne respectait personne.

- Au mois de septembre, nous avons pris la décision de nous écouter beaucoup plus et de ne plus agir par rapport à quoi que ce soit, dans la crainte d'être jugés, de s'ennuyer, d'être trop ensemble, etc. Nous avons gardé l'anglais le mardi et la gym le mercredi, un stage de gym pendant les vacances et c'était amplement suffisant. Cette période a été riche pour nous; chacun a dormi les heures dont il avait besoin (je parle des enfants, là LOL), s'est intéressé à ce qui lui plaisait. Ce fut une période de déschooling, vite suivie par du "unschooling" (je mets toutefois des guillemets car comme je l'ai expliqué dans des billets précédents, ce n'était pas du pur unschooling, nous faisions un peu de scolaire quelquefois. En tout cas, il n'y avait aucun programme préétabli). J'ai surtout regardé les filles vivre.

- Cette année est encore différente (nous avons entamé notre troisième année non-sco et là encore, je me base sur "l'année" scolaire qui commence en septembre) . Nous avons connu beaucoup de changements ces derniers mois, nous habitons maintenant en Angleterre. Nous avons imposé quelques heures "d'école à la maison" à M, pour diverses raisons. L'anglais est maintenant une matière importante, faite d'apprentissage naturel grâce aux activités, les dvd et de cours plus formels avec nous. Le fait qu'elle apprenne régulièrement du vocabulaire et des tournures la rassure réellement pour aller voir les copines. Nous nous aidons aussi des cours américains Time4Learning (le papa aime beaucoup leur manière d'aborder les maths). Malgré tout, nous faisons pas énormément par rapport au rythme imposé par l'école. M est vraiment une unschooleuse dans l'âme, elle aime beaucoup apprendre par elle-même et rêvasse pas mal quand on lui impose quelque chose. Parallèlement, elle a beaucoup mûrie ces derniers temps je trouve :-) Elle aime parler culture et bouquins. En ce moment, elle potasse ses cédéroms éducatifs d'elle-même (quel bonheur de retrouver tout cela dans des cartons mis de côté pendant quelque temps!!) fait des connexions et nous en parle avec passion. Un livre que nous lisons en ce moment sur Louis XIV lui donne envie d'écouter les fables de la Fontaine en MP3.

D'un quotidien très sédentaire, nous sommes passés à une vie nomade par moments. Nous suivons le papa dans ses pérégrinations professionnelles et cela nous permet à la fois d'avoir un rythme moins monotone et de voir du pays. Nous emportons nos livres avec nous, l'ordinateur portable, des crayons. Nous visitons les bibliothèques du coin, ses musées.

La petite, de son côté, est en très grande demande d'apprentissage. A peine levée, elle veut APPRENDRE et le ferait bien une bonne partie de la journée.  Je ne sais pas comment elle va évoluer dans l'avenir, mais pourquoi ne pas faire quelque chose de plus structuré avec elle?

Conclusion:

Si l'école impose un rythme, le sien et lui-seul (ou serait-ce seulement celui d'adultes travailleurs?) au risque de broyer l'individu, l'IEF permet d'être au plus près de son propre rythme. Celui qui est malade reste au chaud (mais en fait, nous sommes très rarement malades puisque nous n'avons pas besoin de somatiser...), l'autre qui a besoin de beaucoup de sommeil, dort tout son comptant. Manger quand on a faim et non pas selon des horaires arbitraires. Il en va évidemment du rythme, d'apprentissage cette fois-ci. On apprend plus facilement quand on a le temps et que l'on peut s'attarder sur telle ou telle notion. Se passionner pour un sujet pendant des mois au lieu d'avoir une culture "générale" peu approfondie. 

Il n'y a pas de mercredi, de dimanche ou de vacances, quand on apprend tous ensemble. L'instruction en famille est souvent décrite comme des vacances sans fin; il y a de cela en un sens, des vacances enrichissantes, avec enfants, faites de sorties, de cahiers [de vacances of course] ou pas, des aventures, des ras-le-bol et de la fatigue, tout en se disant que finalement, on passe surtout un bon moment.

Mais comme dirait l'autre, "Les vraies vacances, ce sont celles sans les enfants". Cela se discute, personnellement j'ai beaucoup de mal à apprécier de longues périodes sans ma famille au complet... cependant, j'ai toujours compris les mères qui disent "vivement la rentrée, que je souffle un peu".

Lorqu'on fait l'instruction en famille, on peut souffrir à la longue de ne pas voir son propre rythme d'adulte respecté.

De notre côté, nous cherchons des solutions pour que tout le monde connaisse un équilibre satisfaisant. Pas évident avec de jeunes enfants, mais nous avons quelques projets en tête ;-)

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10 décembre 2007

Lu

"L'école est le seul endroit où les usagers doivent attendre, 4 fois par jour, sur un trottoir, qu'il vente ou qu'il pleuve, que l'administration daigne leur rendre ce qui est presque une marchandise ! Même dans les gendarmeries ou commissariats, même dans les prisons, il y a un hall, une pièce, un couloir où on peut attendre ! "

L'école, psychodrame permanent

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12 août 2007

FSE #7: Le regard (et les commentaires) des autres

Djeha-Hoja, son fils et l’âne
Djeha-Hoja dit un jour à son fils, alors qu’il atteignait sa douzième année :
- Demain, tu viendras avec moi au marché.
T
ôt le matin, ils quittèrent la maison. Djeha-Hoja s’installa sur le dos de l’âne, son fils marchant à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, Djeha-Hoja et de son fils furent l’objet de railleries acerbes :
- Regardez-moi cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est confortablement assis sur le dos de son âne et il laisse son jeune fils marcher à pied.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras encore avec moi au marché !
Le deuxième jour, Djeha-Hoja et son fils firent le contraire de la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Djeha-Hoja marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là, qui s’écrièrent
- Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucun respect envers ses parents. Il est assis tranquillement sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras de nouveau avec moi au marché !
Le troisième jour, Djeha-Hoja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :
- Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter des hommes.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le quatrième jour, lorsque Djeha-Hoja et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :
- Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le cinquième jour, Djeha-Hoja et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos.
Et Djeha-Hoja dit à son fils ;
- As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.

Il en va de l'instruction en famille, comme tout dans la vie, mieux vaut ne pas se soucier du regard des autres...

Le plus important à mon avis est le regard que JE porte sur moi-même: je m'efforce de ne pas me juger trop durement, d'accepter de ne pas être parfaite, malgré mes bonnes intentions, mon idéalisme et mon (très) grand sens de l'abnégation.

fse

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18 juin 2007

FSE 6: responsabilité des parents

farandole

Quand ** était petite, je croyais que la mettre en collectivité était une preuve d'amour, de respect pour elle, pour sa liberté de penser. Je me disais qu'à l'extérieur, elle connaîtrait des enfants de toute confession, philosophie familiale, identité sociale... que toute cette expérience serait joliment ajoutée à ce que j'allais lui apporter.

Finalement, je me suis rendu-compte que la plupart des gens vivent dans leur propre dimension et ont énormément de mal à accepter que "l'autre" peut penser autrement (et avoir tout autant raison). C'est un gros travers de l'être humain, de croire que lui seul détient LA vérité. Il suffit de regarder autour de soi, de voir à quel point le monde est déchiré pour comprendre que la clé du bonheur, de la vraie liberté réside justement en ce respect de l'opinion de l'autre.

En ce qui me concerne, je crois très sincèrement avoir très peu ce défaut-là (mais peut-être me trompe-je) ce qui m'a valu, me vaut et me vaudra beaucoup de difficultés avec mes congénères, car ils n'arrivent pas à me classer, à me coller cette p**** d'étiquette qu'il faut absolument avoir.

J'ai, il y a fort longtemps, pris la décision qu'avec mes enfants, je n'imposerai pas ma manière de voir le monde. Entreprise difficile, irréalisable, direz-vous... car ma philosophie de la vie transpire sûrement à travers mes actes, mes paroles, etc. Bien-sûr. On ne peut jamais échapper à cela. Mais je crois qu'il y a dans notre famille, une porte pérpétuellement ouverte et sur cette porte est affiché le message "Fais ce que voudras"*

Bien-sûr, il m'arrive de douter, de voir qu'avec "l'école à la maison" notre cercle de relations est tout de même plus restreint. Mais je me remémore l'ambiance qu'il régnait en crèche, à l'école, et là, je me dis que je suis sûrement la plus disposée à respecter mes enfants dans leurs besoins et désirs.

Mes enfants ne sont pas mes enfants, ils ne m'appartiennent pas. Mais je suis leur mère ;-) ce n'est pas à d'autres personnes de se substituer à moi, même avec le sourire et une fausse tolérance laïque (gratuite et obligatoire).

En ce moment, ** fait son plan de vie et je peux vous dire qu'il est aux antipodes de ce que je ferais moi (de ce que je fais). Bien-sûr, elle a le temps de changer, de se frotter à la réalité des choses, mais je vois tout de même qu'elle prend note de trucs qui ne lui conviennent pas dans ce que je fais. Qu'elle se permette de me parler librement est pour moi le signe qu'elle la voit bien cette fameuse porte ouverte. Chacun fait sa vie selon son expérience, les conclusions qu'il en a tirées. On fait ce que l'on peut aussi ;-) Mais je sais que mes enfants ne sont pas moi et qu'ils auront une vie sûrement différente. J'ai pris la décision de l'ief par nécessité et ** m'en remercie. Elle sait que si un jour l'envie l'en prenait de retourner à l'école, d'avoir une vie différente de mes valeurs, j'accepterai. Je serai sûrement un peu (beaucoup) embêtée, mais j'accepterai ;-)

* "Toute leur vie était employée, non par lois, statuts ou règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les parforçait ni à boire, ni à manger ni à faire autre chose quelconque. Ainsi l'avait établi Gargantua. En leur règle n'était que cette clause: FAIS CE QUE VOUDRAS, parce que gens libères, bien nés, bien instruits, conversant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retire de vice, lequel ils nommaient honneur. Iceux, quand par vile subjection et contrainte sont déprimés et asservis, détournent la noble affection, par laquelle à vertu franchement tendaient, à déposer et enfreindre ce joug de servitude, car nous entreprenons toujours choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié".

Gargantua, chapitre LVII.

6 ème participation à la Farandole Sans Ecole

(cliquer sur l'image pour voir les autres participations)

farandole

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11 juin 2007

Bavardages d'un vieux prof avec son petit-fils

t42

« Nous devons nous lever et partir ; descendre dans les rues et marcher avec nos frères et soeurs dans la mème direction sans rien dire ; le temps de la parole et des discussions est révolu ; réaliser la grande marche vers la sortie de la ville : "Formez vos bataillons" ; réaliser le grand exode vers les champs, vers la terre fertile. Oui, nous avons besoin d'un grand exode, d'une révolution non violente en éducation ou nous sommes perdus. Notre avenir dépend de cette révolution et son succès repose sur des visages paisibles comme ceux des Lapithes, hommes et femmes, que j'ai vus sur le fronton du temple de Zeus à Olympie. »
Dans ce livre, Constantin Fotinas insiste sur la nécessité de redonner à l'éducation la place qui lui revient comme véritable pilier de toute société. L'éducation ne doit pas servir à produire des êtres dociles, facilement contrôlables par les autorités. Elle doit plutôt former des adultes épanouis, libres, originaux, capables de penser par et pour eux-mêmes.
Dans la première partie de ce livre, l'auteur nous confie ses vues sur la nature humaine et la société actuelle. Il parle entre autres de la peur viscérale que nous avons du changement et surtout, d'être rejetés par notre groupe d'appartenance et il explique comment cette peur est entretenue par le syndrôme de l'abondance et de l'excellence.
Dans la seconde partie, Fotinas nous entraîne dans son monde intérieur, véritable miroir de celui de tout être humain. Il nous fait découvrir comment tout n'est qu'illusion et que chacun de nous possède ses propres vérités, ses propres questions et ses propres réponses.
Finalement, il partage avec nous un des « grands amours de sa vie », le Café-École de quartier, cet endroit de la rue où tous, hommes et femmes, peuvent entreprendre le cheminement de toute une vie... leur éducation.

ça me donne envie de le lire ;-) trouvé sur le site LEMAQ, l'éducation maison au Québec

une autre critique élogieuse:

trouvée ici

"Notre lecture n'est pas terminée mais d'ores et déjà, on peut dire que c'est un ouvrage rafraîchissant, parce qu'il ose tout remettre en question afin d'identifier l'essentiel. L'auteur a été professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal pendant 30 ans. Il n'aime pas l'école parce que pour chaque classe d'une trentaine d'élèves, seuls quelques-uns seront des gagnants et qu'un grand nombre de perdants «se préparent alors à devenir des esclaves modernes qui vont servir nos grandes industries et nos entreprises et qui seront probablement des parents médiocres, des conjoints frustrés, des citoyens en colère, contestant tout ou presque».

«La vie n'est ni drôle ni sérieuse. Elle est ce qu'elle est. C'est notre regard qui la transforme.»

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10 juin 2007

Little boxes

Little boxes on the hillside, Little boxes made of tickytacky
Little boxes on the hillside, little boxes all the same
There’s a green one and a pink one and a blue one and a yellow one
And they’re all made out of ticky tacky and they all look just the same.

And the people in the houses all went to the university
Where they were put in boxes and they came out all the same,
And there’s doctors and there’s lawyers, and business executives
And they’re all made out of ticky tacky and they all look just the same.

And they all play on the golf course and drink their martinis dry,
And they all have pretty children and the children go to school
And the children go to summer camp and then to the university
Where they are put in boxes and they come out all the same.

And the boys go into business and marry and raise a family

In boxes made of ticky tacky and they all look just the same.

Et la traduction en français :

Des petites boîtes sur les côteaux, des petites boîtes de pacotille
Des petites boîtes sur les côteaux, des petites boîtes toutes pareilles
Il y en a une verte et une rose et une bleue et une jaune,
Et elles sont toutes de pacotille et elles ont toutes l’air pareilles.

Et les gens dans les maisons sont tous allés à l’université,
Et ils ont été mis dans des boîtes et ils en sont tous sortis pareils.
Et il y a des médecins et il y a des avocats, et des cadres supérieurs,
Et ils sont tous de pacotille et ils ont tous l’air pareils.

Et ils jouent tous au golf et boivent des martinis dry,
Et ils ont tous de beaux enfants et leurs enfants vont à l’école
Et les enfants vont en camp de vacances et puis à l’université
Et ils sont mis dans des boîtes et ils en sortent tous pareils.

Et les garçons travaillent et se marient et élèvent une famille.

Dans les boîtes de pacotille, ils ont tous l’air pareils.

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28 avril 2007

Malheureusement, à l'heure actuelle, l'éducation vise à vous inciter au conformisme

Malheureusement, à l'heure actuelle l'éducation vise à vous inciter au conformisme, à vous adapter et à vous ajuster à cette société de l'avoir. C'est tout ce qui intéresse vos parents, vos professeurs et vos livres. Tant que vous vous conformez, tant que vous êtes ambitieux, âpre au gain, que vous corrompez et détruisez les autres dans la course au pouvoir et à l'influence, vous êtes considéré comme un citoyen respectable. On vous apprend à vous insérer dans la société -or cela, ce n'est pas de l'éducation, ce n'est qu'un simple système qui vous conditionne à vous soumettre à des schémas établis. La véritable fonction de l'éducation n'est pas de vous former à la carrière d'employé de bureau, de juge ou de Premier ministre, mais de vous aider à comprendre tous les rouages de cette société pourrie et de vous permettre de grandir dans la liberté, de sorte que vous couperez les ponts et créerez une société différente, un monde nouveau. Il faut qu'il y ait des gens révoltés     -pas partiellement, mais totalement en révolte contre l'ancien monde-, car seuls ceux-là peuvent créer un univers nouveau, un monde qui ne soit pas fondé sur le désir de possession, le pouvoir et le prestige.

Krishnamurti

Le sens du bonheur

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08 avril 2007

Little miss sunshine

Vendredi soir, nous avons vu un magnifique film, Little Miss Sunshine. Je le conseille vivement à ceux qui ne l'ont pas encore vu, il fait aimer les gens tels qu'ils sont dans la vraie vie: imparfaits et attachants

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La vie familiale est parfois usante mais ce qui compte, c'est que nous sommes tous sur "le même bateau", à l'image de ce mini-bus rouillé prêt à rendre l'âme... en poussant tous dans la même direction, on y arrive, ensemble.

Emouvant de voir ces êtres obsédés par la réussite, ou plutôt par la peur d'être "un loser" dans une Amérique dominée par un seul credo:

"Dans la vie, il y a deux sortes de gens: les perdants et les gagnants"

Richard, le père et sa méthode en 9 étapes pour accéder à la réussite

Dwayne et son ambition de rejoindre L'Air Force Academy, s'éprouve désespérément à coup de pompes et en faisant voeu de silence

Frank, vexé dans son orgueil de "premier spécialiste de Marcel Proust"

Olive, la petite dernière de 7 ans, ambitionne de gagner le concours de miss "little sunshine"

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Ce qui les sauve, c'est cet esprit de famille qui les unit, l'affection qu'ils se portent, mine de rien,

  et dont la mère en est le symbole: "ce qui compte, c'est qu'on est une famille et que l'on s'aime"

C'est un personnage vraiment très attachant, soucieuse de respecter tout son petit monde ("on doit laisser Olive être Olive")

Et le Grand-père, ah, le grand-père! Résolu à profiter de l'existence jusqu'à ce que la Grande Faucheuse vienne le chercher

une belle leçon de vie...

"Tu sais quoi? La vie n'est qu'une succession de concours de beauté, et rien d'autre; au lycée, et ensuite à l'université, dans la vie active... Y'en a marre de tout ça, et je m'en fous de la Force Académie parce que si je veux voler, je trouverai toujours un moyen de voler. Il faut faire ce que l'on aime et le reste, on s'en fout" (Dwayne)

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Marcel Proust, "un loser toute catégorie"

quelques extraits ici

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22 mars 2007

#FSE 4: avantages et inconvénients de la non-sco

Sujet bien difficile que celui-ci, tant il évoque chez moi un tas de questionnements (sans réponse quelquefois), et de remise en question très personnelle... J'ai même un peu peur de me desservir, parce que pour parler des avantages et inconvénients de la non-sco, j'ai tout de suite envie de parler franchement, et je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne chose.

M'enfin, je vais essayer ;-)

Tout d'abord, je pense que la non-sco ne comporte pas vraiment d'inconvénients en soi.

Tout dépend de la manière dont on fait l'instruction en famille... cela peut passer de "l'école" chez soi avec cahiers et crayons, au total unschooling où l'enfant semble buller en permanence  mais apprend beaucoup sans s'en rendre-compte. Et puis, il y a l'intermédiaire aussi, un mélange des deux, selon l'envie, le moment... C'est déjà difficile de critiquer un truc aussi différent selon les individus.

Et puis, cela dépend du pays où l'on fait l'instruction en famille aussi... Les plaintes ne seront pas les mêmes si on est aux usa (où c'est très répandu), en France (pas trop), en Allemagne (interdit, mais certains le font)...

Et à cela s'ajoute la vie personnelle de ceux qui font l'ief, leur personnalité,  comment est constituée la famille, quel âge ont les enfants, depuis combien de temps fait-on l'école à la maison, etc.

J'ai lu un article fort intéressant sur un blog que j'apprécie beaucoup, il y a quelques mois: "la non sco c'est pas tout rose". J'ai bien failli laisser un petit mot, et puis je n'ai pas osé. Selon moi, l'essentiel est dit dedans et surtout dans les commentaires , avec lesquels je suis d'accord ;-)

Et bein non, c'est pas tout rose. On s'en serait douté. Les efforts que demande l'ief sautent aux yeux de la plupart de gens quand même, surtout ceux qui mettent leurs enfants à l'école. "Ah bein vous avez bien du courage" "moi je pourrais pas" "c'est pas trop crevant?" "vous êtes fatiguée quand même, non?" "je ne sais pas comment vous faîtes" "avec moi il apprendrait rien" "aaah, j'aime trop ma tranquillité, ça doit être dur d'être toujours avec ses enfants"...

C'est sûr que lorsqu'on nous fait ce genre de remarques (pas toutes en même temps quand même), alors qu'on a choisi cette option en pleine conscience, on a plutôt envie de ne parler que des avantages lol. C'est pas la peine d'en rajouter non plus.

Mon autre blog est très positif... ça s'est fait comme ça... c'était le ton qui me venait naturellement, je débutais et n'avais pas le recul nécessaire pour dire des choses très fermes sur l'ief (l'ai-je aujourd'hui, je n'en suis pas sûre), et puis je savais qu'on m'attendait au tournant (principalement les grands-parents)...

Je crois qu'il est important de valoriser l'IEF, tant en France ce choix de l'instruction est décrié... Et en même temps, je suis bien d'accord sur le fait que ça fait louche quand on ne dit que du bien d'une chose. Que personne ne me lynche, mais ça fait un peu... secte, quand on ne montre pas la vraie réalité ;-) (entre autre ein? je crois aussi que l'on peut penser qu'on manque d'objectivité, qu'on ne veut pas voir les limites du système)

Comme je vous l'ai dit, je pense qu'il n'est pas évident de généraliser sur les "pour et les contre" de la non-sco; Il y a eu tout de même plusieurs articles pas mal faits, je vous donne un lien ici . Celui-ci me semble assez réaliste, même si je ne me retrouve pas dans tout (le fait que la non-sco coûte cher par exemple, je ne suis pas d'accord)

Par contre, je veux bien vous parler de ce que MOI, je trouve difficile, en faisant l'école à la maison.

Ma premier souci tout d'abord, c'est que nous n'avons aucun soutien familial. (Moi, personnellement, je n'en ai jamais eu; j'ai toujours dû me débrouiller, m'élever, me consoler toute seule. Toute proportion gardée sur le plan matériel, car j'ai eu de l'aide de l'état à un moment ;-) )

[Il serait long et un peu indiscret d'expliquer ici, mais tout ce que je peux dire, c'est que, voilà, il est impossible pour nous d'avoir des liens de confiance et de respect mutuel avec la famille de mon mari. Je ne juge pas du tout mes beaux-parents, j'ai fait beaucoup d'efforts dans leur sens. Eux aussi, sûrement, à leur manière. ça n'a pas marché, tant pis :-( ]

Nous avons pris de bonnes décisions, nous nous en sommes plutôt bien sortis sur le plan matériel. Entre nous, dans la famille que nous avons crée, mon mari et moi, il y a énormément d'amour et de tendresse :-)) Mais tout cela ne suffit pas sur la longueur... Il faut du soutien, des pauses et des relais. Notre vie est faite d'efforts permanents, nous avons l'impression d'être des Mario Bros qui doivent éteindre mille feux en même temps...

Cela génère énormément de fatigue, des hauts, des bas (surtout à Noël et aux anniversaires). Nous nous alimentons beaucoup à la méthode Coué pour tenir. Et l'amour, toujours, entre nous. Heureusement!

Sur ce point, nous nous sommes toujours rendu-compte que l'école était un relais pour nous. La décision de déscolariser ** n'a pas été facile, parce que justement on s'est dit tout de suite que ça allait être dur... Mais pour nous, le bonheur, le bien-être et la sécurité de nos enfants passent avant tout

Deuxième difficulté, c'est l'écart d'âge entre nos deux enfants (6 ans). J'ai l'impression d'avoir deux enfants uniques. Je dois changer de registre en permanence pour répondre à leurs besoins. La petite a un énorme besoin de maternage, de tétées et n'arrive pas du tout à dormir seule (même pas dans l'écharpe). Je les ai dès le départ intégrées toutes les deux dans les activités quotidiennes; rien n'est impossible et il en est sorti beaucoup de maturité pour toutes les deux, de débrouillardise, mais aussi beaucoup de désordre (que de perles jetées par la petite par exemple, de saletés faites en cuisine, etc.) et des nerfs mis à rude épreuve chez moi. Ceci s'améliore, l'écart se réduit; la petite a envie de jouer avec la grande et la grande a envie de s'occuper de la petite. Elle sont sûrement plus complices et proches que si **avait été toute la journée à l'école :-))) Mais je sais bien que dans quelques années, l'écart se creusera de nouveau, même si j'espère elle continueront à s'entendre...

Troisième point, nous ne vivons pas dans une société qui intègre l'ief. C'est pas parce qu'on a choisi de le faire qu'on doit être puni . Suffit d'observer autour de soi en pleine journée pour voir qu'il n'y a pas d'enfants dans la rue (méoukisont? bein à l'école ou à la crèche). Il n'y a aucune structure parallèle. Les activités sont uniquement le mercredi ou le week-end, quelquefois à partir de 16h45. Je n'ai pas essayé d'inscrire ** en centre de loisirs mais je suppose que si on n'est pas à l'école... Bref, ça marginalise un peu quand même. Et on se sent un peu seul. Je ne parle même pas des gens qui se sentent remis en question parce que vous, vous avez le culot de ne pas rentrer dans le moule en ne mettant pas votre enfant à l'école. ça fait réfléchir, ce sentiment d'être  vu comme différent, quasi hors-la-loi... à ce sujet, j'ai lu une réflexion très intéressante dans le mémoire "L'instruction dans la famille comme alternative à l'école": même si, selon la loi, on a le droit d'instruire ses enfants et de ne pas les mettre à l'école, la famille s'instruisant elle-même est perçue comme déviante car n'obéissant pas à la norme sociale (je vous invite à lire les pages 69 et 70 de ce mémoire, et surtout les tableaux expliquant" la théorie interactionniste de la déviance")

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En ce qui concerne le manque de temps perso, c'était une de mes craintes avant de déscolariser **. Finalement, ce n'est pas ce qui me pèse le plus... Bien-sûr, j'ai quelquefois envie d'être seule, mais je trouve que ce sont surtout les demandes fréquentes de ma petite qui me fatiguent  (sans que pour autant j'ai envie de la mettre en garderie). Depuis peu, ma puce accepte d'aller faire des sorties le week-end avec son père et sa grandes soeur sans moi. J'en profite pour écrire (l'activité qui me regénère le plus et me fait avoir la banane), prendre une douche tranquille, bricoler. ça fait du bien. Je n'ai pas besoin de beaucoup de temps pour moi, beaucoup moins que la plupart des gens je crois.

Par contre, la difficulté de parler tranquillement avec mon mari (dernièrement nous avions des décisions importantes à prendre) ou lorsque nous avons des invités à la maison, oui, franchement, ça  me pèse. J'ai un sentiment de "trop" quelquefois.

Dernier point qui n'arrange pas les choses: je n'arrive pas à avoir mon permis de conduire. ça a l'air bête comme ça et pourtant c'est  un gros manque à mes yeux, que je mets en parallèle avec la manque de soutien familial (c'est dire). Cela peut sembler superficiel et incongru, mais je ressens vraiment le besoin de me (nous) déplacer facilement, rapidement, plusieurs fois par jour et sans fatigue. Et pourtant, je n'habite pas la campagne... Il y a les bus, le rer bien-sûr. Mais c'est pas toujours évident d'attendre avec des enfants. Nous marchons beaucoup, beaucoup, ** déteste marcher, moi j'aime bien mais avec des enfants c'est différent. Il y a les grèves des transports, le bus qui vous passe devant sans s'arrêter. J'ai l'impression que nous passons notre temps à courir, stressées par la peur de rater notre bus (et après c'est une demi-heure, trois quart d'heure d'attente parfois). Sous la pluie (euh super fréquente en Ile de France quand même, et c'est pas le petit crachin breton), par grand froid, en plein soleil sans point d'ombre l'été, sur le bord d'une route où passent des voiture à toute vitesse. Nous avons la chance de vivre dans une région où il y a plein de choses à faire, de nombreuses activités, mais finalement notre manque de mobilité restreint les choses. De plus, c'est le seul lieu où ** arrive à faire la sieste, je crois que cela m'aurait souvent allégée... J'aurais pu faire une course rapide pendant l'activité de **, au lieu de piétiner sous la pluie... Un point positif, c'est que je ne pollue pas :-)))

En résumé, je suis souvent gagnée par la fatigue. Qui dit fatiguée, dit moral en berne quelquefois. Et quand on n'a pas trop le moral, on n'a pas forcément envie de rencontrer du monde, parce que pour être bien avec les gens, il faut être un minimum disponible. Alors si en plus, vous allez voir quelqu'un qui met ses enfants à l'école et ne comprend pas pourquoi vous faîtes pas comme elle ("mais y'a de bonnes école privées")... regarde avec pitié votre air négligé et émet l'idée que c'est peut-être à cause de l'allaitement et du cododo... Bon, je caricature, là ;-) Enfin, moi, je me sens assez décalée et pas très fraîche par rapport à la majorité des gens qui sont minces, bien coiffés, disponibles, ne s'embarrassent pas de leurs enfants et ont toujours un joli pli de repassage sur leurs fringues (important, très important, le pli net et sans fioriture, alors que je serais plutôt du genre froissé). Souvent, je me dis que nous vivons dans une drôle de société, où la beauté physique, la jeunesse éternelle, le plaisir et les loisirs priment. Je ne suis pas contre le fait de me faire plaisir, mais là, c'est trop. Il y a des fois où je voudrais une maison impeccable (et pourtant je ne suis pas une Bree), des enfants couchés à 20 heures et pouvoir me maquiller... Il y a des jours où je me demande quel genre de mère je suis, que mes beaux-parents ont bien raison de ne pas m'adresser la parole parce que je suis trop nuuuulle à être fatiguée comme ça, bonne à rien, nulle en tout, boouuuuuh...

Quand je touche le fond, je remonte toujours. Le quotidien non-sco recèle toujours une pépite ou deux de bonheur. Un bisou de la petite donné à sa soeur, un nouveau mot, une découverte, une petite main nichée dans la mienne, la douceur de **, son exquise beauté, sa maturité. Les beaux yeux de mon mari( un tournesol dans un pré: des yeux verts, la pupille noire auréolée d'un peu de doré) ses visites surprise à midi, un vrai régal. Son humeur toujours égale. Nos crises de fou rire.

Entendre ** me dire "je vous remercie d'avoir réagi" (en m'enlevant de l'école)

Entendre mon mari me dire que l'IEF lui donne la pêche, l'envie de faire plein de projets, voyager, prendre sa vie en mains.

Rencontrer un parent unschooleur qui vit dans en pleine nature dans une yourte avec ses enfants, et comme par magie, n'avoir plus peur d'avoir peur.

Faire connaissance avec les homeschooleurs en général, des gens pour qui j'ai beaucoup d'estime. M'émerveiller que eux aussi, s'énervent pour les mêmes choses. Découvrir d'autres trucs avec eux. Etre avec des gens qui ne cherchent pas à vous dominer et vous laisse prendre vos décisions vous-même.

Somme toute, mes "problèmes" sont plutôt des trucs personnels qui parasitent mon quotidien, que de vrais manques causés par l'instruction en famille. N'avais-je pas déjà ces coups de barre avant de déscolariser ma fille?

Au fur et à mesure, je vais plus vivre AVEC mes enfants que POUR elles (j'ai trouvé que cela s'était amélioré aux 4 ans de **).

Et même si l'ief me fait sentir plus cruellement le manque d'entraide et de soutien, il va falloir faire le deuil d'une TRIBU familiale incluant des grands-parents (un beau rêve de jeune-fille). C'est à moi de créer ma tribu et de tout faire pour que mes filles soient bien dans leur peau.

En ce qui concerne le fait d'être marginalisée, je n'ai pas attendu de déscolariser ** pour me sentir différente. Depuis que je suis gamine, je me suis toujours entendue dire "c'est pas comme ça qu'on fait". Faire face à beaucoup d'événements difficiles depuis mon enfance, avoir des parents défaillants et très violents, a fait que je me suis construite de manière indépendante et atypique. Pour faire le bonheur de **, je me suis efforcée de "rentrer dans le moule" à tout prix, parce que pour moi il n'y avait pas d'autre modèle de "bon" parent...

C'est très difficile d'avouer cela... que je me suis trompée dans ma manière de faire avec ma fille, d'avoir trop écouté les discours classiques  et de ne pas m'être assez écoutée MOI :-(( j'ai passé toute une année à me remettre en question, refaire tout le parcours de ma (jeune) vie. M'avouer que si l'enseignement m'avait attirée, c'était pour le côté sécurisant et normalisant... c'est difficile et à la fois enrichissant de se regarder soi-même bien en face. Se dire que pour continuer un bon bout de chemin ensemble, il va falloir s'accepter telle qu'on est, avec de belle qualités mais aussi de grosses failles.

Accepter de ne pas être aimée de tout le monde, que la société ne va pas forcément me renvoyer une image positive... Alors que je n'aime pas trop être "contre" (ou alors tout contre). Accepter tout ça.

Un jour, une amie m'a dit une phrase très parlante. Je ne me souviens pas exactement de la formule mais ça donnait à peu près ceci: "quand il y a le feu chez soi, on ne s'inquiète pas d'avoir mal aux pieds" (si vous avez la citation exacte, je suis preneuse).

Et bien voilà, j'ai éteint mille feux avant, je me suis mis un toit au-dessus de ma tête (une vraie peur, celle de ne pas avoir de "chez moi"), je suis tombée amoureuse de quelqu'un de bien, je me suis constituée une famille. J'ai mis ma fille  en crèche, puis à l'école, pensant que c'était bien qu'elle se détache de moi.

Et puis, quand mes premiers besoins ont été étanchés, je me suis inquiétée du reste ;-)

Alors, voilà, ce que pour moi l'IEF a, comme magnifique avantage, et je ne parlerai que de celui-là: celui de m'être réconciliée avec moi-même.

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17 mars 2007

socialisation

Un article de "Green House by the sea" ici

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